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Transcription de l’intervention de Bernard Capdupuy, président de la Société des Langues Néo-latines, à l’audience du 10 juin 2004, sur les contenus d’enseignements et la pédagogie.J'ajoute mes remerciements, pour cette entrevue accordée à la Conférence des Présidents d'Associations de Professeurs Spécialistes, à ceux de notre Secrétaire Général car, depuis quelques années, la concertation avec le Ministère ne battait plus son plein ! On peut même dire que l'écoute des associations était devenue très médiocre. Et pourtant les associations sont une mine d'expérience pédagogique et scientifique. Chacune d'entre elles édite un bulletin ou une revue d'audience nationale et parfois internationale. On est allé parfois jusqu'à traiter les associations de « lobbys disciplinaires » alors qu'en étant ici rassemblés pour présenter des demandes communes, nous qui représentons diverses disciplines des lycées généraux, technologiques et professionnels, nous apportons un démenti à ces propos pour le moins faciles. Les présidents viennent dire au Ministère de l'Éducation Nationale que les professeurs veulent enseigner la discipline dans laquelle ils ont acquis une spécialisation scientifique et pédagogique ! Ils veulent transmettre des savoirs, de la façon la plus pédagogique possible, et disposer pour ce faire des horaires nécessaires à cet enseignement. La Conférence, depuis 1973, s'est prononcée en faveur de travaux interdisciplinaires mais elle s'élève vigoureusement contre l'amputation d'un tiers des horaires hebdomadaires des disciplines au profit des Travaux Personnels Encadrés, des Itinéraires de Découvertes et autres Projets Personnels à Caractère Professionnel Nous comprenons bien que certaines disciplines, où l'acquisition d'une méthodologie est l'objectif essentiel et où le programme de connaissances à acquérir recoupe divers champs de connaissances, y trouvent leur compte. En revanche, d'autres disciplines, comme les langues par exemple, nécessitent un apprentissage progressif et une « exposition des élèves à la langue vivante » d'au moins trois heures par semaine. Alors qu'il ne s'agit là que d'un horaire hebdomadaire minimum, très inférieur à celui qui est accordé dans d'autres pays européens, en Première et en Terminale, les élèves doivent actuellement se contenter de deux heures hebdomadaires ! Cela revient à supprimer une année entière dans le cursus du second cycle. Il est inutile, dans cette situation, de vouloir procéder à des évaluations du niveau des élèves en langue ! Nous demandons également le maintien de programmes et d'examens nationaux. A propos des programmes nationaux, les associations de spécialistes demandent à faire partie des « groupes d'experts » ainsi que des « groupes de travail disciplinaire ». En 1991, M. Dacunha-Castelle, alors président du Conseil National des Programmes, avait réuni les présidents d'associations de spécialistes pour mettre en place l'élaboration de la Charte des Programmes puis avait décrété qu'aucun président ni aucun membre des bureaux des associations ne pourraient faire partie des groupes de travail. Il conviendrait, une fois pour toutes, de reconnaître à nouveau l'intérêt du travail des associations, de les consulter systématiquement et de ne plus se contenter, pour ne pas avoir à le faire, de proclamer qu'elles n'adoptent pas assez vite les modes pédagogiques préconisées officiellement. Nous demandons le maintien d'examens nationaux et en particulier d'un Baccalauréat national. Nous n'acceptons pas le contrôle continu car il serait trop soumis, dans les établissements, à l'influence des notables locaux. Pour la formation des futurs professeurs, nous demandons que soit accentuée l'importance des stages sur le terrain, sous la conduite de professeurs expérimentés, très capables d'analyser les démarches réellement suivies avec des élèves dans des situations concrètes. Je terminerai en appelant l'attention de tous sur le malaise persistant de beaucoup de professeurs du Second degré dont la conséquence la plus néfaste, dans certaines disciplines, est de diminuer gravement le nombre de candidats aux concours de l'enseignement. |