Transcription de l'intervention de Bernerd Capdupuy* sur la nécessité de restaurer l’autorité et la considération des professeurs.
Le malaise des professeurs du Second degré, qui s’était manifesté plusieurs fois lors de la dernière législature (1997-2002), n’a pas disparu puisqu’il a donné lieu aux mouvements très suivis des mois de mai et de juin 2003. Il est en fait inversement proportionnel à la considération actuelle de la société française pour le métier de professeur de lycée ou de collège. Il s’agit d’un problème de fond qui dépasse les clivages politiques.
La plus néfaste de ses conséquences, évidente dans les concours de recrutement de plusieurs disciplines, c’est la baisse du nombre de candidatures.
Pour améliorer cette situation préoccupante, la Conférence des Présidents d’associations de professeurs spécialistes a depuis longtemps demandé l’application de mesures concrètes, que j’indique brièvement :
- les décisions des conseils de classe sur les redoublements d’élèves ne doivent pas pouvoir être remises en cause.
- ceci évitera une trop grande hétérogénéité des classes, génératrice de violences et de découragement pour les élèves et les professeurs.
- les manquements au respect des professeurs doivent être sanctionnés.
- les concours nationaux (Agrégations, CAPES, CAPET, PLP) doivent rester le seul mode de recrutement et l’on doit veiller à ce que la mise en place du système LMD ( Licence en 3 ans- Maîtrise en 5 ans - Doctorat en 8 ans) ne vienne pas perturber l’organisation de ces concours. Les épreuves écrites et orales de ces concours doivent rester assez nombreuses et variées pour être vraiment discriminantes. Les pressions actuelles exercées par le Ministère de l’Education Nationale pour réaliser quelques minimes économies en supprimant des épreuves sont la preuve que la gestion des recrutements est faite à court terme, alors qu’en ce domaine, le long terme doit prévaloir.
- toutes les disciplines doivent être respectées, il ne doit pas y avoir, dans la formation qui conduit aux divers baccalauréats, des matières glorieuses et des matières négligeables.
- si nous sommes favorables, depuis 1973, à des travaux interdisciplinaires pour lesquels des moyens propres doivent être prévus, nous nous élevons en revanche contre l’amputation des horaires disciplinaires au profit d’une interdisciplinarité dont l’aboutissement est la création de nouvelles disciplines, qui reflètent à l’envi les rapports de force entre divers «lobbys» comme le prouve un projet de restructurationdes classes de troisième à la rentrée 2004 ou 2005
*Président de la Société des Langues Néo-Latines
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